Qu’est ce que la naturopathie?
Jamais la naturopathie a été autant décriée que ces dernières années. Pourtant, savez-vous exactement ce qu’est la naturopathie? Et à l’inverse, ce qu’elle n’est pas?
Je vous propose pour ce premier article de blog de planter le décor, pour que vous puissiez vous faire votre propre idée et décider si la naturopathie est une approche qui peut vous correspondre.
Sommaire:
Définition de la naturopathie
Les piliers de la naturopathie
Les techniques utilisées
La naturopathie dans le monde
Le cadre légal
1- Définition de la naturopathie
Selon 'l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la naturopathie est “ un ensemble de méthodes de soins visant à renforcer les défenses de l'organisme par des moyens considérés comme naturels et biologiques” La naturopathie est donc bel est bien reconnue par cette organisation.
Plus simplement et pour ne pas entretenir de flou avec la médecine, on peut la définir plutôt comme un ensemble de méthodes visant à rétablir un état de bien-être en utilisant des moyens naturels.
Les racines de la naturopathie remontent à l’Antiquité avec Hippocrate (460- 377 av JC), qui défend l’idée d’une vision globale de la santé. Il accorde une attention particulière à l’alimentation, l’activité physique, un sommeil de qualité et un environnement de vie favorable ( je ferais un article sur les influences historiques plus complet).
La naturopathie moderne trouve ses racines en Allemagne, où plusieurs figures majeures ont contribué à son développement, parmi lesquelles Sébastien Kneipp (1821-1897), Vincent Priessnitz (1799-1851), Theodor Hahn (1824-1883) et Friedrich Eduard Bilz (1842-1922), fondateur d'une clinique de soins naturels à Dresde.
Avec l'émigration de praticiens allemands vers l'Amérique du Nord, la naturopathie — issue de l'expression anglaise nature's path (« le chemin de la nature ») — connaît un essor important aux États-Unis et au Canada. Elle se diffuse ensuite en Amérique du Sud, en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique, où elle s'enrichit progressivement des savoirs traditionnels et des pratiques de santé propres à chaque région.
En France, ce sont principalement les mouvements hygiénistes des XIXᵉ et XXᵉ siècles qui préparent le terrain à son développement. Médecins et non-médecins défendent alors une approche de la santé fondée sur les moyens naturels et l'hygiène de vie. Parmi les personnalités les plus marquantes figurent le docteur Paul Carton (1875-1947), souvent qualifié d'« Hippocrate du XXᵉ siècle », le docteur Catherine Kousmine (1904-1992), Henri-Charles Geffroy (1895-1981), fondateur des magasins La Vie Claire, ainsi qu'André Passebecq (1920-2010), naturopathe ayant enseigné la « naturothérapie » de 1982 à 1993 au sein du département universitaire de médecines naturelles (DUMENAT) de la faculté de médecine de Bobigny.
Dans les années 1940, le biologiste Pierre-Valentin Marchesseau (1910-1995) propose une synthèse des traditions européenne et anglo-saxonne afin de structurer la naturopathie moderne en France. Il contribue largement à sa diffusion en formant de nombreux praticiens au sein de son école parisienne, la Faculté Libre de France.
2- Les principes fondamentaux de la naturopathie.
La naturopathie a pour objectif de préserver et d'optimiser le capital santé de chacun. Pour cela, elle s'appuie sur des conseils personnalisés en matière d'hygiène de vie afin de favoriser les capacités naturelles d'adaptation et d'autorégulation de l'organisme. Elle encourage également chacun à devenir acteur de sa santé grâce à des habitudes de vie durables et à l'utilisation de moyens naturels lorsque cela est pertinent.
Son approche est dite holistique, c'est-à-dire qu'elle considère la personne dans sa globalité. La santé n'est pas uniquement influencée par le fonctionnement du corps, mais également par des facteurs biochimiques, émotionnels, mentaux, sociaux et environnementaux, qui interagissent en permanence.
La mission de la naturopathie est avant tout préventive : elle vise à maintenir les grands équilibres de l'organisme en proposant un mode de vie adapté aux besoins, au contexte et aux objectifs de chacun.
Aujourd'hui, la naturopathie s'inscrit dans une approche de santé intégrative. Elle ne se substitue pas au suivi médical, mais intervient en complément des professionnels de santé afin d'offrir un accompagnement centré sur la personne et favorisant son bien-être global.La naturopathie a pour objectif de préserver et d'optimiser le capital santé de chacun. Pour cela, elle s'appuie sur des conseils personnalisés en matière d'hygiène de vie afin de favoriser les capacités naturelles d'adaptation et d'autorégulation de l'organisme. Elle encourage également chacun à devenir acteur de sa santé grâce à des habitudes de vie durables et à l'utilisation de moyens naturels lorsque cela est pertinent et bénéfique pour le client.
La naturopathie se repose sur 5 piliers principaux:
L’holisme
C’est une manière de voir l’individu dans sa globalité, à travers toutes ses dimensions ( physique, émotionnelle, énergétique). Pour le naturopathe, on ne peut séparer le corps physique des émotions.
Plutôt que de se concentrer uniquement sur un symptôme, l'approche holistique cherche à comprendre les différents facteurs qui peuvent influencer l'état de santé : alimentation, sommeil, activité physique, gestion du stress, environnement, relations sociales ou encore habitudes de vie; le naturopathe peut ainsi proposer une approche personnalisée.
Le vitalisme
L'organisme possède une capacité naturelle à maintenir son équilibre et à s'adapter aux différentes contraintes de la vie. En naturopathie, cette capacité est appelée force vitale.
Ce concept se retrouve d’ailleurs dans de nombreuses pratiques ancestrale: c’est le Qi des chinois par exemple.
Cette approche s'appuie notamment sur une alimentation adaptée, un sommeil de qualité, une activité physique régulière, une bonne gestion du stress et d'autres habitudes de vie favorables au bien-être .
En préservant ou en améliorant sa vitalité, on permet au corps de retrouver l’homéostasie, c’est-à-dire son équilibre et donc un fonctionnement optimal.
La causalisme
Selon la naturopathie, on ne peut régler un problème que lorsque l’on connait la cause. Nous allons rechercher la cause, voire la cause de la cause… et parfois la cause de la cause de la cause!
Plutôt que de s'intéresser uniquement aux symptômes, le naturopathe prend en compte l'ensemble des habitudes de vie de la personne (alimentation, sommeil, activité physique, gestion du stress, environnement ou encore rythme de vie) afin d'identifier les éléments susceptibles de perturber l’équilibre interne.
L’hygiénisme
Ce pilier met l'accent sur l'importance des habitudes de vie dans le maintien de la santé et du bien-être. L'idée est qu'une alimentation équilibrée, un sommeil réparateur, une activité physique régulière et adaptée, une bonne gestion du stress, ainsi qu'un environnement favorable, contribuent à soutenir le fonctionnement normal de l'organisme.
La naturopathie est avant tout un véritable art de vivre, l’hygiénisme en est le plus bel exemple.
L’humorisme
C’est l’idée que l'état de santé dépendrait de l'équilibre des « humeurs » ou des liquides de l'organisme, et que leur accumulation ou leur déséquilibre pourrait favoriser l'apparition de troubles. Cette vision a largement influencé les pratiques de médecine pendant des siècles et a contribué à façonner les fondements de la naturopathie traditionnelle. Aujourd'hui, les connaissances scientifiques sur la physiologie humaine ont largement dépassé cette théorie, qui n'est plus considérée comme un modèle explicatif valide. Si l'humorisme fait toujours partie de l'histoire et de la culture de la naturopathie, il est peu utilisé dans une approche moderne, qui s'appuie davantage sur les données actuelles de la biologie, de la physiologie et de la recherche scientifique pour comprendre le fonctionnement de l'organisme et accompagner les personnes vers une meilleure hygiène de vie.
On mettra plutôt en avant maintenant la notion de terrain, qui désigne l'ensemble des caractéristiques propres à une personne qui influencent son état de santé et sa capacité à s'adapter à son environnement. Il englobe notamment les prédispositions génétiques, le mode de vie, l'alimentation, le sommeil, l'activité physique, le niveau de stress, les expositions environnementales, ainsi que les dimensions émotionnelles et sociales.
Le terrain est considéré comme évolutif : il se construit tout au long de la vie et peut être influencé positivement ou négativement par nos habitudes quotidiennes. L'objectif du naturopathe est donc d'identifier les facteurs qui fragilisent ou, au contraire, soutiennent ce terrain afin de proposer des conseils d'hygiène de vie adaptés à chaque personne.
Dans une approche moderne, la notion de terrain ne constitue pas un concept scientifique à proprement parler, mais un modèle utilisé en naturopathie pour appréhender la santé dans sa globalité. Elle ne remplace pas les diagnostics médicaux ni les mécanismes physiopathologiques reconnus, mais sert de fil conducteur pour personnaliser l'accompagnement.
3- Les techniques utilisées
Le naturopathe va s’appuyer sur 10 techniques ( pas toutes à chaque fois, il s’adaptera selon les besoins du client).
L’hygiène alimentaire;
Techniques psycho-émotionnelles: relaxation, gestion du stress, hygiène relationnelle, relation d'aide, sophrologie…
Activité physique: gymnastique, musculation, yoga, étirements….
Hydrologie: utilisation de l'eau :chaude, froide, tiède, alternée, locale, générale, intern ou externe, utilisation des douches ou des bains, thalassothérapie et thermalisme, argiles…
Techniques manuelles: massages bien-être, massage lymphatique…
Techniques dites “réflexes”: réflexologie ( palmaire, plantaire, dorsale, crânienne), shiatsu…
Techniques respiratoire: cohérence cardiaque, méthodes de Plent, Bol d’air Jacquier…
Plantes et compléments alimentaires: plantes sèches ou fraîches, micronutrition, huiles essentielles, utilisation des bourgeons…
Techniques énergétiques: techniques énergétiques manuelles ou nécessitant l'usage d'aimants (magnétothérapie) ou d'équipements spécifiques (champs magnétiques pulsés...)
Techniques vibratoires: utilisation des rayonnements lumineux (couleurs, rayonnements solaires, infrarouge) ou utilisation des sons, de la musique, bols tibétain…
4- La naturopathie dans le monde
La naturopathie est excercée partout dans le monde, mais la reconnaissance diffère d’un pays à l’autre.
En Amérique du Nord ( Canada et USA), les naturopathe sont reconnus comme des professionnels de santé, et reçoivent le titre de docteur en naturopathie, au terme de 4 ans d’études via un organisme de formation agréé. Ils doivent également justifier d’un formation continue et répondent aux exigeances spécifiques de l’Etat dans lequel ils excercent.
Amérique du Sud: Au Brésil, le Ministère de la Santé reconnaît la naturopathie comme médecine complémentaire intégrative. Au Chili, il existe 2 distinctions: naturopathe et naturopathe holistique ( ce dernier titre autorise à utiliser l’acupuncture et l’homéopathie)
En Europe, si une trentaine de pays pratique la naturopathie, seuls 3 l’encadrent de manière précise:
En Allemagne, vous trouverez des Heilpraktiker (praticien.ne de santé naturelle), via l’obtention d’un diplôme fédéral depuis 1939;
En Suisse, le diplôme fédéral sanctionne la pratique en tant que Naturheilpraktiker depuis 2016;
Au Portugal, la naturopathie est reconnue comme médecine non conventionnelle, tout comme la chiropraxie, l’ostéopathie, la phytothérapie, l’homéopathie et la Médecine Traditionnelle Chinoise ( MTC). 2 lois encadrent la pratique de ces métiers ( 2003 et 2013).
Le Luxembourg et l’Autriche n’autorisent que les médecins à pratiquer la naturopathie.
Les autres pays tolèrent la naturopathie, mais n’est pas encadrée de manière spécifique.
En France, les syndicats et organisations demandent la mise en place de normes afin de protéger le consommateurs des dérives et des dangers que représente le manque de formation de la part des pratiquants en naturopathie. Des normes AFNOR sont été élaborées en 2025 pour définir les critères de qualité, la posture professionnelle, le cadre déontologique et les exigences de formation continue.
5- Ce que n’est PAS la naturopathie
Le naturopathe n’est pas un médecin! Aucun diagnostic ne sera fait par ce dernier.
Le naturopathe n’a également aucun mot à dire sur un traitement médicamenteux en cours ou en voie d’être administré; il n’y aura également aucun ajustement de traitement par ce dernier.
Le naturopathe n’est pas habilité à préparer des préparations magistrales (mélanges de plantes ou HE), et ne pratique pas d’acte médical.
Enfin, le naturopathe ne prend pas en charge une maladie ou un malade : il accompagne une personne vers plus de bien-être, d’autonomie, de conscience, pour une santé plus durable et plus responsable = il ne guérit pas.
Auncun naturopathe ne pourra vous imposer quoi que ce soit au niveau médical, mais également spirituel, faites très attention aux dérives sectaires, si vous avez le moindre doute, fuyez.
Conclusion
La naturopathie n’est donc pas une discipline médicale et n’a pas forcément la vocation à le devenir. Le naturopathe est plutôt un éducateur de santé, qui se positionne idéalement en amont des déséquilibres. Vous pouvez prendre rendez-vous avec l’un d’entre nous pour faire un bilan afin de corriger d’éventuels déséquilibres sans pour autant avoir un soucis!
Le naturopathe maîtrise des techniques diverses, qu’il pourra utiliser selon les besoins et les possibilités de chacun de ses clients, dans le respect de la déontologie et du cadre légal qui lui est réservé.
Magali Sorrel